Les lycéens sont feignants. Ils n’aiment pas travailler, vont au lycée à reculons. Ils sont même de plus en plus bêtes, selon la dernière étude PISA. Tant d’images véhiculées autant par l’imagerie populaire que par les médias, et profondément ancrées dans l’inconscient. C’est par une recherche plus approfondie et une lecture moins biaisée des sources tant appréciées des médias que le tableau dépeint devient nettement différent.
Effectivement, les lycéens présentent une forte désaffection pour leur système scolaire. 95 % d’entre eux estiment que l’éducation nationale n’est pas à la hauteur, et qu’il est nécessaire de la réformer (d’après le document d’origine). Trois quarts des collégiens s’ennuient en cours, et ils sont aussi nombreux à stresser avant un contrôle de maths (d’après le document d’origine). Les différentes enquêtes et sondages relèvent également, outre l’ennui, de fortes disparités lors de l’accès à l’enseignement supérieur, une orientation défaillante lorsqu’il s’agit de permettre à chacun de s’épanouir dans ce qu’il fait, et un décalage entre ce qui est enseigné et ce qui sert réellement à la réussite humaine et professionnelle de l’élève.
Il se pose dès lors la question tout à fait légitime de l’action à mener pour rendre un système aujourd’hui obsolète plus efficace. L’existence de nombreuses organisations lycéennes, parentales ou professorales commence à être reconnu, on pourrait donc être tenté de se tourner vers ces acteurs-là. Cependant, il n’existe pas à ce jour de groupe de travail ouvert à tout lycéen, enseignant, chercheur, souhaitant réfléchir à l’avenir du lycée. Les réflexions menées par chacune des organisations sont souvent internes.
De ce constat émane aujourd’hui la proposition de la création d’un Club de Réflexion sur l’Avenir du Lycée (le CRAL), ouvert à toute personne intéressée par le sujet. Il devra être réellement indépendant de toute organisation syndicale, politique, ou institutionnelle et capable de faire fi de toute considération préétablie. Sa force comme sa légitimité ne pourront lui être conférés que par son pluralisme et par le sérieux avec lequel la réflexion devra être abordée. Le sujet du lycée étant vaste, une première thématique devra être définie lors de la création, et sera formulée sous la forme d’une question. La réponse à cette interrogation, fruit du cycle de réflexion, sera communiquée à l’ensemble des décideurs, lesquels sont également invités à apporter, tout au long des travaux du Club, leurs points de vue et leurs idées.
L’objectif à moyen terme est de proposer une réforme ambitieuse du lycée, plaçant en son cœur des valeurs fortes de notre époque. L’éducation est à ce jour placée sous le sceau du conservatisme, ce sera une mission pleine de sens que de chercher à faire entrer cette institution dans un nouveau souffle.
Cette lettre est un appel à la jeunesse, désireuse de s’engager pour un avenir différent de celui dépeint par nos décisions passées. Elle est un appel aux enseignants désireux de savoir que les enfants laissés à ce monde auront pu emprunter le bon chemin. Elle est un appel aux chercheurs, aux pédagogues, aux officiels, à tous ceux convaincus de la nécessité d’une réflexion ambitieuse capable d’ouvrir la voie à un changement majeur de notre conception de l’éducation.
Pour le Syndicat Général des Lycéens,
Pour la Coordination Européenne Lycéenne,